...iples dimensions nationale, rgionale et internationale de la crise quil traverse. Quinze ans de guerre ont vu ainsi se succder toutes les formes daffrontements internes, entre communauts et à lintrieur des communauts, dans lesquels sont intervenus directement ou indirectement les principaux acteurs rgionaux les Palestiniens, Isral, la Syrie, sans oublier le jeu des grandes puissances. Les infrastructures ont t dtruites, et prs dun quart de la population a migr. La paix fragile restaure au dbut des annes 1990 nest quune tape sur la voie de lindpendance complte du pays et de la participation de toutes ses composantes nationales au nouveau rgime. La guerreLa guerre des deux ans 1975-1976La guerre dbute, le 13 avril 1975, par un accrochage meurtrier entre Katab et militants palestiniens radicaux dans la banlieue de Beyrouth. Au mois de fvrier, larme avait rprim à Sada une manifestation populaire contre la vie chre, à laquelle staient joints des fidayin en armes djà se dessinait, entre le Mouvement national, les lites musulmanes frustres par le partage communautaire et les Palestiniens, la coalition qui allait affronter durant deux ans les forces conservatrices domines par les maronites et appuyes par quelques brigades de larme. Ltincelle palestinienne clate dans la poudrire libanaise alors que le Proche-Orient tout entier vit à lheure des remises en cause à la suite de la guerre doctobre 1973, les dirigeants arabes ont troqu leurs aspirations rvolutionnaires contre un pragmatisme, des intrts troitement tatiques et des ngociations avec Isral sous gide amricaine. Cette nouvelle stratgie implique le verrouillage de la revendication palestinienne dans leurs pays respectifs, parfois mme son crasement militaire. En revanche, sur le territoire libanais, la lutte arme et le radicalisme se jouent dun tat qui a longtemps proclam que sa force tait dans sa faiblesse ils se conjuguent pour menacer les quilibres traditionnels.chappant au contrle dune arme paralyse par ses loyauts contradictoires, les affrontements entre conservateurs chrtiens et islamo-palestino-progressistes cest ainsi que la presse tiquette deux coalitions complexes et changeantes se propagent à lensemble du pays, dressant village contre village, valle contre valle et quartiers contre quartiers. Embuscades, gurilla urbaine à la kalachnikov, tirs de francs-tireurs non identifis sont bientt suivis par lentre en lice de canons et de lance-roquettes que les milices se sont procurs, grace aux subventions des migrs ou de protecteurs arabes. Les civils sont les cibles privilgies de bombardements et de tirs aveugles, dattentats, denlvements et dassassinats, tandis que les pillages et les destructions alimentent les cycles de reprsailles. Durant lautomne de 1975, le centre de Beyrouth brle, les grands htels sont le sige dapres batailles entre Katab et forces progressistes, en particulier les Mourabitoun combattants sunnites mens par le jeune Ibrahim Qoleilat , les grandes banques qui faisaient la rputation et la richesse du pays sont pilles. Lorsque la Syrie impose un cessez-le-feu le 22 janvier 1976 et propose un rquilibrage du partage des pouvoirs entre communauts, la capitale est djà traverse par une ligne de front qui spare dsormais l Est chrtien de l Ouest à majorit musulmane.En quelques mois, la guerre dessine à travers le pays les frontires entre les deux principaux protagonistes. Les habitants chiites et palestiniens des camps et des banlieues de lentre nord de Beyrouth sont expulss par la force en janvier 1976 en riposte, les chrtiens de Damour, petite ville ctire au sud de la capitale, doivent fuir par mer des deux cts, plusieurs centaines de personnes sont massacres. Les forces militaires progressistes et les organisations palestiniennes qui les ont rejointes les unes aprs les autres profitent de lclatement de larme, en mars 1976, pour resserrer leur tau autour des rgions centrales du Metn et du Kesrouan o le prsident Frangi se rfugie parmi ses allis du Front libanais dirig par Camille Chamoun et Pierre Gemayel.La Syrie, djà prsente dans la guerre à travers la Saiqa , prodigue avertissements et soutien aux deux adversaires. Le prsident Assad ordonne lentre de troupes et de blinds au Liban, discrtement à partir davril et massivement à dater du 1er juin 1976, dans le but de prserver le statu quo et de mettre en chec les ambitions des palestino-progressistes . Dans cette initiative, le souvenir amer de la division du Proche-Orient en tats spars au dbut du sicle et de lacquiescement enthousiaste de certains maronites est toujours prsent. Mais les militaires majoritairement originaires de la communaut alaouite qui gouvernent à Damas ont des ambitions stratgiques plutt quun projet dannexion. Leur intrt est dviter la scession dun petit Liban chrtien qui sallierait à Isral, tout en freinant la surenchre socialisante et nationaliste arabe à leurs frontires. Au printemps de 1976, les milices des mouvements progressistes et leurs allis palestiniens resserrent leur tau autour des forces chrtiennes et menacent Beyrouth-Est les dirigeants maronites, Camille Chamoun et le prsident Frangi, rclament du secours, ouvrant la voie à une intervention dont ils ne finiront pas de dplorer lampleur et la dure. De juin à octobre 1976, la progression des troupes syriennes se heurte à une srieuse rsistance palestinienne, en particulier à lentre de Sada, ainsi quaux rticences de la communaut arabe au nom de laquelle la Libye et lAlgrie tentent en vain une mission dinterposition. Simultanment, les combats font rage dans la capitale et ses banlieues, avec un acharnement particulier autour du camp palestinien de Tell ez-Zaatar, qui tombe aux mains des Katab et du P.N.L. aprs un sige de cinquante-deux jours, avec laide indirecte des Syriens et des Israliens à la fois. Lentre dans Beyrouth, le 15 novembre 1976, de larme syrienne met fin à la guerre de deux ans , sur fond de ruines et de bombardements intermittents.L arabisation de la crise du Liban, cest-à-dire lintervention militaire et diplomatique des puissances rgionales arabes, a t prcipite par lentre en scne de larme syrienne. Convoqus à Riyad 16 oct. 1976, le prsident libanais et le chef de lO.L.P. sont invits par lArabie Saoudite et lgypte à reconnaitre la lgitimit de la prsence des troupes syriennes au Liban. Fort dune reconnaissance arabe et dune promesse de financement, le prsident Assad accepte quant à lui que des contingents symboliques dArabie Saoudite, des mirats arabes unis, du Soudan, de la Libye et des deux Ymens se joignent à ce corps de 30 000 hommes rebaptis Force arabe de dissuasion F.A.D.. Le sommet de la Ligue des tats arabes au Caire 25 oct. 1976 entrine laccord de Riyad. Aprs que le prsident Sadate se rend à Jrusalem un an plus tard 19 nov. 1977 et amorce le dsengagement de lgypte à lgard de la cause palestinienne, la Syrie, lO.L.P. et Isral, dsormais engages sur le champ de bataille libanais, vont y poursuivre leur lutte pour le contrle de la Palestin...
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