... mots du discours. Pour mettre en vidence les connecteurs argumentatifs jai choisi des exemples divers de Candide ou loptimisme de Voltaire. Dans ces exemples jai tent de souligner que les connecteurs argumentatifs articulent les actes de langage en orientant le raisonnement de lnonc. I. Largumentation. Le stade actuel de la rechercheI.1. Introduction On a souvent affirm que la renaissance de largumentation au XX-me sicle, son retour en force pendant la deuxime moiti de notre sicle sexpliquent par un terrain historique favorable elle est contemporaine de lintrt toujours accru pour la langue naturelle et sa logique. Dune part se multiplient les tudes sur le langage naturel et sur la logique naturelle, dbouchant sur la pragmatique et la thorie du discours, domaine dpassant limmanence du langage par la prise en charge de lnonciation, des facteurs situationnismes, interactifs et intentionnels. Dautre part, les universits ont cr des enseignements axs sur la persuasion. La rhtorique connait ainsi un nouveau souffle. Des chercheurs modernes par exemple, Christian Plantin prennent le terme de rhtorique dans son acception ancienne de thorie des discours sociaux lis à la manipulation, à la propagande, ainsi quaux savoirs communs ou à laction argumente. Ces discours en dpendance essentielle de leur contexte, sont orients par lintention des nonciateurs de produire des effets dtermins sur des destinataires diffrencis.Une logique juridique, pleinement justifiable de lart dargumenter se fait jour. Somme toute, le xx-me sicle est caractris par la parole argumentative. Cette parole argumentative se reflte dans le discours quotidien. Voici ce qucrit à ce sujet Pierre Olron Largumentation fait partie de notre vie quotidienne. Il nest gure de pages dun journal, de squences à la radio, ou à la tlvision qui nexposent ou ne rapportent les arguments dun ditorialiste, dun invit, dun homme politique, dun auteur, dun critique Les textes ou prsentations explicitement publicitaires argumentent pour justifier dachat ou la consommation dune marchandise ou de quelque produit culturel. lgard de ceux-ci, des magazines ou des chroniques spcialises se livrent à des examens critiques qui font apparaitre qualits ou faiblesses et incitent à les adopter ou les rejeter. Et mme la description dvnements, voire la prsentation dimages sont parfois des arguments implicites en faveur de thses, que lhabilet de leurs dfenseurs conduit ici à ne pas dmasquer davantage.Chacun de nous, par ailleurs, à divers moments, en diverses circonstances, est amen à argumenter, quil sagisse de plaider sa cause, de justifier sa conduite, de condamner ou de louer amis, adversaires, hommes publics ou parents, de peser le pour et le contre dun choix ou dune dcision. Et il est la cible darguments dvelopps par dautres dans les mmes contextes, sur les mmes sujets. Largumentation appartient à la famille des actions humaines qui ont pour objectif de convaincre. De nombreuses situations de communication ont en effet pour but dobtenir dune personne, dun auditoire, dun public, quils adoptent tel comportement ou quils partagent telle opinion. On rencontre frquemment ces situations dans la vie quotidienne, sur un plan aussi bien priv que professionnel, comme par exemple dans le cadre plus gnral de la ngociation.Du point de vue thorique, le XX-me sicle se caractrise par le passage du paradigme issu des thories aristotliciennes et de ses continuateurs romains au paradigme largi dune rhtorique pistmique et dune thorie du discours, conues comme des modes de connaissance et dinfluence des destinataires.I. 2. Perelman et les effets manipulateurs du discoursLes ouvrages de Cham Perelman, et plus particulirement le Trait de largumentation quil crivit en 1958 avec Lucie Olbrechts-Tyteca, sont passs inaperus en leur temps. Philosophe du droit, Perelman a eu pour objectif de retrouver dans les pratiques les plus diverses de largumentation au barreau bien sr, mais aussi et surtout en philosophie et en littrature les principes qui fondent une logique des valeurs. Il se situe dans la grande tradition aristotlicienne puisque, contrairement à la plupart de ses contemporains, il ne ddaigne pas le vraisemblable ni lopinion. Son uvre a fait lobjet de critiques, notamment de la part de ceux qui auraient souhait une tude sur les aspects non rationnels et malhonntes de la rhtorique. Il est vrai que Perelman nose pas vraiment tenir compte de la mauvaise foi ni des formes caractrises de manipulation la sophistique est pratiquement exclue du Trait, de mme que toute largumentation fonde sur la violence et les rapports de force. Il est paradoxal que ceux qui se sont inspirs de Perant sont parfois les mmes qui ont tudi les effets manipulateurs du discours Cest le cas notamment de Marc Angenot, auteur de La Parole pamphltaire Payot, 1982. Un autre reproche serait de navoir pas abord de manire suffisamment systmatique les aspects formels de la rhtorique, en un mot, llocution. Mais il est vrai que le Trait tudie largumentation, et non lensemble du champ rhtorique. La pense de Perant na bnfici de laudience mrite que depuis la fin des annes soixante-dix, au moment o parut LEmpire rhtorique Paris, Brin, 1977, ouvrage dans lequel il rsumait le Trait. Les lacunes de Perant ont du reste t combles par dautres, notamment de nombreux chercheurs amricains souvent inconnus des Franais mais auxquels Christian Plantin a su rendre leur juste place Essais sur largumentation, Paris, Kim, 1990, tout comme lcole allemande, avec en particulier Heinrich Lausseur. La fortune du travail des pionniers de la nouvelle rhtorique est riche de consquences. Le Trait de largumentation a ouvert la voie à de nombreuses recherches en rhtoriques, en logique, en psychologie, en sociologie, en linguistique discursive.I.3. Les techniques de persuasionCest surtout depuis les annes cinquante que les chercheurs se sont intresss aux techniques de persuasion. La motivation des masses a dabord t lobjet de la propagande politique, avant de devenir la proccupation des publicitaires. Lorsque Vance Packard crit en 1958 La Persuasion clandestine, il ne parle pas de rhtorique, mais son approche psychosociologique nest pas sans concerner les phnomnes du discours. On retrouvera une problmatique comparable en France avec Jean-Nol Kapferer, auteur des Chemins de la persuasion. Cest surtout avec la smiologie que la perspective rhtorique est vritablement retrouve, notamment lorsquelle sintresse au discours et à la reprsentation visuelle. Un article de Roland Barthes, intitul Rhtorique de limage parait dans le numro 4 de la revue Communications en 1964. Lauteur y analyse les codes et les rseaux de significations dune image publicitaire dans la perspective smiologique, alors que jusque là les chercheurs amricains pour la plupart, sen tenaient à une approche motivationniste. Ce qui est nouveau, cest lintrt port ds cette poque aux messages non verbaux images, vtements, gestuelle, rites de politesse dont la smi...
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